La nouvelle est tombée.
Gérard est mort.
C’était Monsieur Lobbe.
Mais c'était surtout Gérard.
Il est parti le premier.
Comme s'il avait été pressé.
Nous avons perdu notre ami,
Je voulais faire une bouffe à la maison.
Avant qu’on ferme la boîte, j’aurais voulu voir une dernière fois ses cheveux blancs en auréole autour de son visage d’enfant.
Vendredi il fera son dernier voyage.
Gérard n'aime pas la foule,
Encore moins celle qui s’attroupe près des églises.
Il fera chaud,
On entendra les oiseaux de tous les côtés.
Il y aura une chanson
Plusieurs proches diront des mots qui nous l'auront bien rappelé,
Peut-être un peu d'un air violon qu'il aimait...
Et puis un poème qui dit qu'un bateau ne s'en va pas : il disparaît pour nos yeux, mais apparaît pour d'autres, ailleurs.
Il y a des fleurs fraîches partout.
Moi j'aurais juste voulu lui laisser une rose.
Sans cérémonie, en toute simplicité.
Et je ne pourrai même pas être là.
Nous voudrions lui témoigner notre amour et notre admiration pour ce personnage qui nous laisse tant.
Rien ne sera fait qui puisse lui déplaire, et il reposera dans un petit coin du ciel qu'il aimait, avec vue sur green, à jouer au golf de nuage en nuage,
le genre d'endroit qui console de la vie.
On lui dit juste au revoir.
Sa voix est dans nos têtes, qui nous répondait.
Il avait toujours ce petit sourire.
Cet air doux et ce regard tendre.
Il est temps d'espérer, grâce à lui.
De trouver des raisons de continuer encore un peu sans lui.